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Index
botanique
Rubriques
d'identification des parties d'une plante
Rubriques
spécialisées permettant de préciser et d'expérimenter
les usages des plantes dans une perspective artistique
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À
PROPOS DES ENCENS
Il existe deux catégories
d'encens : les combustibles et les non-combustibles. Les premiers, les
encens combustibles, sont les plus connus. On les rencontre sous la forme
de bâtonnets, de plaques, de cônes ou de papier parfumé.
En général, ils proviennent de l'Orient et sont les plus
populaires. Les encens non combustibles n'ont aucune forme particulière
et s'utilisent directement sur des charbons ardents, soit en poudre, soit
en pâte. Ces derniers ne requièrent ni salpêtre ni
aucun des produits toxiques qu'on rencontre chez les encens combustibles.
De nombreuses cultures traditionnelles, surtout sur notre continent américain,
utilisent les encens non-combustibles, tout comme l'église catholique.
Les investigations réalisées
par le CREAF ont concerné les deux classes d'encens. Nous avons
tenté de substituer les ingrédients toxiques des encens
combustibles par d'autres éléments moins nocifs pour la
santé. Ainsi, par exemple, au lieu d'utiliser du salpêtre
(potassium de nitrate), nous avons réalisé des expériences
avec des substituts tels que les polypores, les lycopodes et autres végétaux.
Egalement, au lieu d'utiliser de la gomme arabique pour aglutiner les
ingrédients, nous expérimentons avec des gommes et des résines
de conifères locaux (pins, épinette, sapin, mélèze).
Les résultats obtenus ont été positifs, mais la recherche
doit se poursuivre pour obtenir un produit à 100 % satisfaisant.
Les ingrédients utilisés
pour fabriquer des encens peuvent être obtenus à partir des
plantes et des arbres de nos forêts, sans besoin de recourir à
des matériaux exotiques tels que la myhrre, le tragacanthe, le
benzol, le patchouli, etc. qui sont coûteux et difficiles à
trouver, surtout en région, comme c'est notre cas. Quels ingrédients alors pourrions-nous
utiliser pour faire des encens ? À vrai dire, presque tous les
arbres et toutes les plantes qui dégagent une senteur agréable.
Le bois, l'écorce, les feuilles, les fleurs, les fruits... Ainsi
commence notre cueillette, avant l'expérimentation elle-même.
Les encens combustibles du CREAF Commençons par l'ingrédient
de base, le corps de l'encens, qui est de bois ou de charbon réduit
à l'état de poudre. Le bois de santale est le plus utilisé
en Orient, mais nous pouvons également utiliser le bois de cèdre,
de saule, de pommier, de genèvrier, de pins blanc et rouge. Quant
au charbon, il peut être obtenu des résidus d'un feu de bois,
ou bien être acheté (charbon pour les grillades ou les barbecues).
Un morceau de bois sec se réduit
ensuite en petits morceaux, puis ceux-ci sont moulus dans un mortier ou
avec un moulin à café. Si l'on ne dispose pas de ces ustensiles,
on peut facilement se faire un mortier avec une pierre plate et une autre
ronde, de la taille d'une orange ou d'un pamplemousse, pierre qui sera
fendue en deux. Après avoir obtenu la base,
vient la substance aromatique, qui se réduit elle aussi en poudre,
et se mélange avec la base mentionnée. La substance aromatique
peut provenir d'une variété d'ingrédients culinaires
: clous de girofle, cannelle, romarin ou autres épices. On peut
aussi la rencontrer dans nos forêts : rose sauvage, achillée-millefeuille,
verge d'or, etc. En réalité, l'arôme peut varier selon
le goût de chacun ou selon l'utilisation que l'on souhaite donner
à l'encens. Il est aussi possible d'utiliser des arômes combinés
ou encore, d'ajouter au mélange quelques gouttes d'huiles essentielles
ou d'un parfum quelquonque. L'ingrédient suivant qui
entre dans cette composition est la matière aglutinante, la gomme
qui unira et soutiendra l'encens dans sa forme définitive (cône,
tablette, etc). Au lieu de gomme arabique, la résine de pin, sèche
et réduite en poudre, convient parfaitement. Selon le type de conifère
employé, la fumée sera plus ou moins dense, ce qui peut
nuire au produit final. Nous effectuons actuellement des recherches sur
l'utilisation de la sève d'érable et de l'eau de bouleau.
Ensuite, tous les ingrédients
secs se mélangent, sont moulus à nouveau, puis les liquides
leur sont incorporés (huile, parfum, résine). On forme ensuite
une pâte à laquelle on donne la silhouette que l'on veut,
on la met à sécher sur une surface non absorbante, sans
oublier de la retourner deux ou trois fois par jour, pour qu'elle sèche
bien de tous côtés, et qu'elle ne se casse ou ne se fissure
pas. Une fois sec, l'encens obtenu est emballé prudemment, et conservé
dans un récipient hermétique. Il existe une diversité infine de recettes et de variantes pour faire des encens combustibles. En réalité, la recette idéale n'existe pas. Le goût personnel, la destination finale de son usage, les ingrédients disponibles, sont autant d'éléments qui déterminent la constitution d'un encens. Il n'y a que l'expérimentation, et encore l'expérimentation, qui donne le résultat désiré.
Les encens non combustibles Ces encens s'utilisent dans des
encensoirs. Une manière facile de s'en fabriquer un, en utilisant
n'importe quel bol, résistant à la chaleur, consiste à
le remplir de sable ou de sel, puis à y placer des charbons ardents
qui recevront la poudre d'encens. Ce type d'encensoir - mais généralement
sous une forme plus sophystiquée - est utilisé lors de cérémonies,
de rituels, de fumigations et de curations à base de fumée.
Nous en présentons ici quelques exemples mexicains. Actuellement, le CREAF continue ses expérimentations...
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