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Index
botanique
Rubriques
d'identification des parties d'une plante
Rubriques
spécialisées permettant de préciser et d'expérimenter
les usages des plantes dans une perspective artistique
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SAVONS,
UN COMMENCEMENT...
Introduction
Origine du savon A l'origine, les hommes utilisaient
vraisemblablement de l'eau, du sable, et parfois des cendres (ensuite
rincées), pour se laver. Pour nettoyer des peaux d'animaux, nécessaires
à l'habillement primitif, ou plus exactement pour tanner celles-ci
avant la confection sur-mesure, les autochtones du continent nord-américain
savaient que les graisses de l'animal même fourniraient, proportionnellement
à sa taille, les ingrédients exacts utiles à ce nettoyage
indispensable, sans lequel les bactéries prolifèreraient,
entraînant la dégradation du cuir, des problèmes de
conservation et d'hygiène. Un proverbe ancestral fournit même
toujours à la fois la recette et l'explication de ce phénomène
: "each animal has enough brains to tan himself" (= chaque animal
possède assez de cervelle pour se tanner lui-même). Cette
sagesse démontre encore que la nature prévoit bien les choses.
La création et l'emploi du
savon en tant que tel remonte, quant à lui, selon des sources indoeuropéennes,
à l'antiquité. Bien avant le Moyen-Age, on se lavait avec
des décoctions décorces darbre et de plantes.
En Égypte, en Grèce et à Rome, on fabriquait des
barres de savons faites à partir d'huiles végétales
ou animales, de cendre d'os ou de bois extraits de plantes parfumées.
Les vestiges d'une savonnerie ont même été exhumés
dans les ruines de Pompéi. Au VIII siècle, les Espagnols
fabriquaient du savon avec de la graisse de chèvre et des cendres
de bois de hêtre, puis les habitants du sud de la Gaule, déjà
sous influence romaine, eurent lidée de remplacer la graisse
par de lhuile dolive. Quant aux colons de notre continent,
ceux-ci auraient le plus souvent fabriqué leur savon à base
de graisse animale, récupérée des viandes des animaux
chassés par les trappeurs et dépecées par les femmes,
et de soude caustique obtenue en filtrant de leau de pluie dans
un tonneau percé rempli de cendre de bois dur. La solution ainsi
obtenue était portée à ébullition jusquà
ce quelle soit suffisamment concentrée pour que, selon la
tradition, un oeuf frais puisse y flotter à la surface.
Le savon d'aujourd'hui De nos jours, la plupart des savons
sont industriels, faits à partir d'ingrédients chimiques
plus ou moins tous dérivés de la glycérine, elle-même
un dérivé du pétrole. Les huiles végétales
ont en outre perdu du terrain face aux graisses animales. Les savons d'aujourd'hui
contiennent pour la plupart des essences artificielles, des arômes
reconstitués, des préservatifs ou des assouplissants, et
presque tous vantent (plus ou moins légitimement) leurs mérites
pour la santé de la peau. La plupart des savons modernes sont alcalins,
c'est-à-dire que leur pH est supérieur à 7, tandis
que celui de l'épiderme varie, quant à lui, entre 4,2 et
6,8. Plus un savon est alcalin, plus il est détergent et, par le
fait même, asséchant. Idéalement, un savon non nocif
devrait avoir un pH proche de celui de la peau, soit 5,5. Les traditions et les différents
usages des savons ont cependant souvent varié d'un endroit à
l'autre, comme par exemple dans les régions méditerrannéennes,
où l'on ne jure encore que par le savon brut dit "de Marseille"
ou savon "de ménage" à tout faire, composé
à 72 % d'huiles végétales, et qui sert autant
pour la lessive à l'eau froide que pour le lavage de toute la famille.
Dans d'autres endroits, c'est le savon à l'huile d'olive qui est
privilégié, censé adoucir la peau, ou encore le savon
au lait de chèvre, réputé pour sa douceur, qui connaissent
un retour non négligeable face aux géants de l'industrie.
En quoi consiste le savon ? Le savon en tant que tel n'existe
pas à l'état naturel. Mais il n'est autre au départ
qu'un alliage de sels d'acides gras, provenant d'huiles animales ou végétales
et de substances alcalines telles les sels de potassium ou la soude, qu'on
soumet à un procédé - la saponification - qui transforme,
par ébullition, ces corps gras en une pâte qui, une fois
parfumée et séchée, donnera du savon.
Le but du savon Le savon est nécessaire pour
des raisons d'hygiène, mais aussi de santé, même si
à certaines époques on pensait préserver le corps
des microbes en ne se lavant pas ! Le savon sert avant tout à nettoyer
la peau, et l'efficacité de celui-ci se constate d'après
sa capacité à ôter les cellules mortes de la peau
autant que l'excès de sébum et les bactéries responsables
des mauvaises odeurs et la saleté, le tout en provoquant un minimum
d'irritation. Si le savon ne joue pas bien son rôle, par exemple
s'il n'est pas accordé aux différents types de peaux, il
peut parfois provoquer des problèmes tels que l'acné, le
milium (petits boutons blancs) ou encore la desquamation de la peau. D'où
l'importance de bien choisir son savon, et d'avoir recours de préférence
à des savons d'origine naturelle.
Le choix des ingrédients Le choix des huiles et des graisses
peut varier selon le type de savon désiré, sachant qu'un
vaste choix est possible parmi les graisses de boeuf, de mouton par exemple,
mais aussi le lait de chèvre, les huiles de palme fraiches (à
ne pas confondre avec l'huile palmiste extraite de l'amande palmiste ou
coconotte), les huiles rouges, d'olive, de coco, ou encore de coprah,
ces dernières étant particulièrement riches en acide
laurique en raison de leur forte teneur en sels alcalins qui possèdent
des propriétés moussantes recherchées. On distingue
habituellement les savons artisanaux des savons industriels d'après
leur taux d'humidité (35 % pour les biologiques contre 5 % pour
les savons industriels). Les savons biologiques ont un pH équilibré
et tirent la plus grande partie de leur humidité d'ingrédients
comme l'eau ou encore le lait qui peuvent entrer dans leur composition.
Enfin, soulignons que les savons biologiques répondent plus souvent
à ce que recherchent les utilisateurs : ils sont durs, s'usent
moins rapidement que les savons industriels et répondent mieux
aux nombreuses tâches ménagères. De nos jours, il
est possible de fabriquer biologiquement toutes sortes de savons : savons
colorés et parfumés our la toilette, savons doux pour les
bébés, savons de lessive, savons médicaux, antiseptiques,
etc.
Fabrication : comprendre la métamorphose
des éléments Le principe de base de la fabrication
du savon se résume à purifier et à décolorer
la graisse, puis à la traîter à chaud avec de la lessive
alcaline en présence d'eau pure. Ce procédé, qu'on
appelle la saponification, permet aux glycérides présentes
dans la graisse d'être attaquées par la soude, puis d'être
décomposées en ce qui donnera d'une part la glycérine,
d'autre part les acides gras. Les éléments suivants
sont nécessaires pour faire du savon : une graisse (animale ou
végétale) et une lessive alcaline contenant de la potasse
ou de la soude, qui sont les élémens de base. Cette lessive
doit présenter un mélange précis de soude caustique
pure (NaOH) en paillettes ou en perles, qu'on doit mélanger de
préférence avec de l'eau de pluie recommandée en
raison de sa faible minéralisation. On peut ensuite ajouter en
très petites quantités des huiles essentielles, des colorants
et des arômes - artificiels de préférence - (citron,
rose, pèche, clou de girofle, lavande, citronelle, etc), voire
même des éléments accroissant leurs propriétés
déodorantes, émulsionnantes ou tensio-actives, tels que
le propylène glycol, utilisé comme hydratant, et qu'on retrouve
dans le dentifrice, les sirops, les colorants à pâtisserie,
ainsi que les rince-bouches. On utilise parfois aussi du diozide de titanium,
minéral qu'on trouve à l'état naturel et qui sert
à former crêmes et pâtes (dentifrice, glacée,
à pâtisserie), tout autant qu'à opacifier et blanchir
le produit. L'efficacité du savon s'améliore avec l'âge,
tandis que la graisse à tendance à se déterriorer.
Il faut ensuite séparer la
glycérine, et purifier le résidu qui devient alors du savon.
Certains procédés à l'ancienne permettent même
de convertir de l'huile de récupération en glycérine
naturelle, qui s'avère un émollient adoucissant et un hydratant
pour la peau. Ensuite, le savon peut prendre plusieurs formes, selon l'utilisation
désirée : liquide, en pâte, ou encore en barres solides
et solubles dans l'eau. Le sèchage des pains de savon prend généralement
beaucoup de temps, une moyenne d'un mois n'est pas inhabituelle. Pour les textures et les couleurs
du savon, nous croyons au CREAF que la nature a mis suffisemment d'éléments
divers à notre disposition pour n'avoir que l'embarras du choix
: jaunes foncés des verges d'or violets tirant sur le rouge foncé
des bleuets, bleus translucides des racines d'orcanette, rouges des pigments
des terres ferrugineuses, ocres et verts des argiles naturels récoltés
sur les bords des lacs sauvages de la Matawinie.
Ustensiles Pour ce faire, on prévoit
: une batteuse à savon ou à huiles, pour mélanger
les graisses et la lessive caustique, munie d'un robinet doseur pour obtenir
la concentration requise, et que l'on écoulera lors de l'agitation.
Puis des moules en métal pour y couler le savon encore chaud et
à l'état liquide. Après une nuit de refroidissement,
on opère successivement le démoulage puis le découpage
à l'aide d'une découpeuse à savon à écartement
règlable (ou à la main). Ensuite vient le sèchage
des briques de savon sur des planches ou des étagères en
bois, dans un local bien aéré car le passage de l'air accèlère
la maturation des savons, sans oublier les fûts pour stocker l'huile
et les barrils pour récolter auparavant l'eau de pluie. Parmi les
autre outils nécessaires, prévoir un thermomètre
pour mesurer la température des huiles, des louches, des brosses,
des réservoirs pous stocker les lessives préparées.
Pour les finitions, on peut utiliser un rabot de finition des bords, une
balance à plateau à cadran (pour peser les éléments
les plus lourds, huiles, lessive), et une balance de précision
pour peser les parfums ou les colorants éventuels. Une presse de
marquage peut servir, pour plus de raffinement, à marquer d'un
sceau particulier les savons destinés à la vente ou à
une clientèle particulière ; sans oublier les boites, les
autocollants ou tout autre élément d'étiquettage
qui pourra parachever le processus, si celui-ci est orienté vers
la commercialisation. Enfin, il ne faut pas oublier de prendre quelques
précautions, si l'on est amené à travailler longtemps
aux différentes étapes de la fabrication du savon : mieux
vaut se munir de gants en caoutchouc, de lunettes de protection, de bottes
et d'un tablier de savonnier.
Conclusion Même si de nombreuses techniques existent pour fabriquer des savons, à chaud ou à froid, des recherches sont en cours pour l'expérimentation et la fabrication des premiers savons naturels réalisés à base de plantes forestières : les travaux du CREAF livreront bientôt leurs secrets !
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