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Index
botanique
Rubriques
d'identification des parties d'une plante
Rubriques
spécialisées permettant de préciser et d'expérimenter
les usages des plantes dans une perspective artistique
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VANNERIE
Introduction Au CREAF, la vannerie occupe une place importante dans
nos recherches, non seulement en raison des matériaux auxquels
elle fait appel, mais à cause des multiples usages qu'on peut lui
donner, et pas seulement en artisanat traditionnel. La vannerie s'est répandue chez tous les peuples
que leurs environnements mettaient en contact avec des végétaux,
et ce sont les premières formes réalisées avec ces
plantes (paniers, corbeilles) qui ont ensuite servi de modèle aux
formes ultérieures de récipients en céramique. Antérieure,
puis parallèle, voire accessoire aux travaux agricoles, la vannerie
est ensuite devenue un moyen de portage et de transport des produits fermiers,
tandis qu'elle se diversifiait aussi dans l'ameublement, donnant lieu
à une succession de styles de chaises, de coffres, de berceaux
et de huches, depuis la civilisation Aztèque jusqu'au mobilier
contemporain. Mésopotamiens et Egyptiens fabriquaient déjà
des objets en osier, que les Romains développeront par la suite
en exportant leurs techniques dans leurs colonies. De l'Asie à
l'Afrique, en passant par les pôles opposés du continent
Américain, une variété extraordinaire de styles et
de modèles est ainsi apparue à la surface de la terre, reflet
de la diversité de la créativité des peuples à
travers les âges. Ici au Québec, ce sont les plantes de nos
forêts qui ont donné leurs matériaux aux tous premiers
vanneurs du continent, les artisans des Premières Nations.
Les matériaux Selon les régions du monde, différentes sortes de fibres végétales sont utilisées en vannerie. Les plus courantes sont : l'osier (blanc ou rouge), la paille, les joncs, le rotin, le bois de chataîgner, l'écorce de coudrier, les baguettes de noisetier, mais aussi le raphia, l'alfa et le palmier noir, les herbes de marais, le sisal, et les écorces de bananier, pour les plus courantes. L'osier - plante la plus couramment utilisée - est une espèce vivace qui aime l'humidité et croit facilement dans les zones marécageuses. On le récolte en hiver, puis on le met en bottes : on l'appelle alors encore "osier vert". Par la suite, et ce, jusqu'au printemps, on laisse son pied dans l'humidité, jusqu'à la montée de la sève où on le décortique, brin par brin, à l'aide d'une machine, la décortiqueuse, ou à la main, à l'aide d'un peloir. C'est alors qu'on l'appelle "osier blanc", et qu'il devient un matériau précieux. En Amérique du Nord, les peuples autochtones utilisent principalement l'osier rouge, le frêne, les feuilles de quenouilles, les racines de certains conifères, comme l'épinette, et dans l'Ouest du Canada, le cèdre rouge (imputrescible et flexible). Ceux-ci servent à fabriquer non seulement des paniers, mais aussi des vêtements, des couvertures, des tapis et des chapeaux. Chez les indiens Haïdas, les chapeaux en racines d'épinette sont tout particulièrement appréciés, véritables oeuvres d'art.
Outils Beaucoup d'artisans ne travaillent qu'avec leurs mains.
Cette activité appelée "finger weaving" en anglais,
requiert beaucoup de patience, de dextérité, et un sens
artistique certain pour combiner les brins de façon à ce
qu'ils forment des figures géométriques simples ou plus
complexes. Les enfants, aux doigts particulièrement fins, ont longtemps
été mis à contribution dans certaines sociétés,
pour effectuer les tressages serrés et denses. Mais cette pratique
tend à être de plus en plus désavouée, pour
des raisons éthiques, de même que toute utilisation d'enfants
dans l'industrie quelqu'elle soit. Dans les sociétés traditionnelles,
ce sont le plus souvent les femmes qui pratiquent la vannerie, tandis
qu'en Europe, la vannerie s'est institutionnalisée à la
fin du Moyen-Age comme métier, devenant le plus souvent le fait
des hommes. Là, les outils traditionnels du vannier consistent
en : une serpette (pour récolter les tiges), deux poinçon
(pour percer la fibre et permetre le passage d'autres fibres), l'un droit,
l'autre recourbé. On pourrait ne se contenter que ce ceux-là,
mais des outils plus spécialisés peuvent également
être mentionnés : un fendoir, un trusquin d'épaisseur
(réducteur d'osier en lamelles fibreuses), un fer à clore,
un fer à attache et une batte. On y ajoute parfois d'autres outils
de menuiserie, lorsque l'on se sert de certains bois durs, comme le chataîgnier.
Tressage à sec Dans le cas de feuilles souples ou faciles à utiliser,
telles que les feuilles de quenouille, le travail de vannerie peut s'effectuer
à sec, car les feuilles plient sans se rompre, et l'objet sèche
en sa forme finale, en jaunissant légèrement. Cette technique
est utile pour les travaux nécessitants des fibres plates plutôt
que rondes (tapis de natte, sous-plats, éventails carrés
pour la cuisine). Elle est également inévitable dans les
régions de grande sécheresse ou aridité.
Tressage mouillé Mais dans la plupart des cas, on utilise des fibres mouillées.
Le vannier dispose donc presque toujours d'un grand bac réservé
à la trempe, et il travaille assis, face à une grande table.
Avant d'être utilisés, les brins d'osier liés en bottes
sont plongés dans l'eau durant plusieurs heures afin d'être
assouplis. Pour les bois plus durs, un bain dans une étuve est
nécessaire, ou chez les peuples autochtones d'Amérique du
Nord, qui utilisent le fresne, le travail préparatoire se fait
à la vapeur, sur un feu de bois.
Classification des types de vannerie On distingue habituellement la vannerie rustique, la
vannerie fine et la vannerie de luxe. À la première catégorie,
appartiennent les hottes de vignerons, les hottes à poissons ou
à pains, les bombonnes, les dames-jeannes, les cages et les paniers
de fleuristes. À la deuxième, des objets plus fins, réalisés
selon les techniques de l'art, reflètent souvent les particularismes
régionaux et les modes de vie (pêche, vigne, chasse, cultures
céréalières). C'est ainsi qu'on découvre les
paniers de pêche, telle que la lucette, les cabas, les mandelettes,
les glaneuses, les coffrets à ouvrage, les maliers, les corbeilles
à linge, à provisions, et toutes sortes de paniers qui empruntent
leurs formes au rotin le plus souvent au rotin filé ou à
l'osier rond. Enfin, dans la catégorie des objets de luxe, on retrouve
tous les types de sacs à mains de femmes, les objets décoratifs
pour fleuristes, confiseurs et boulangers. Mais selon nous, cette classification
ne s'arrête pas là : de nombreux artistes travaillent encore
les fibres, dépassant le stade artisanal et contribuant au renouvellement
des formes en art contemporain. Depuis une dizaine d'années surtout,
des créateurs contemporains se sont servi de la vannerie pour réaliser
des oeuvres étonnantes.
Techniques de vannerie Trois formes de vannerie, reposant cette fois sur les
techniques employées, permettent aussi de distinguer à quel
type de travail l'on a affaire. C'est ainsi que l'on distingue la vannerie
à brins cordés : autour d'un montant (appelé aussi
chaîne) sont tordus par paires les éléments de la
trame (aussi appelés clissage). C'est cette technique qui est utilisée
pour réaliser des corbeilles, des hottes, le plus souvent avec
de l'osier que l'on peut teindre facilement. La vannerie à brins
tissés permet quant à elle de réaliser des paniers
en lamelles de chataîgner ou de fresne, tandis que la vannerie à
brins spirales, s'inspirant des structures de poterie montées à
l'aide de panetons de boulangers, permet la confections d'objets aux formes
rondes, voire lovées. Ces techniques ont toutes un point commun
: la qualité d'un objet se révèle par la discrétion
de la méthode employée, laquelle ne doit en principe pas
laisser apparaitre le moindre noeud, l'objet devant être aussi beau
à l'endroit qu'à l'envers.
Vannerie traditionnelle autochtone On serait surpris de la qualité remarquable des vêtements et des ornements réalisés en vannerie par les divers peuples autochones d'Amérique du Nord, notamment des ceintures, des turbans, des écharpes de travail en travers du thorax, des chapeaux et des manteaux à manches longues, imperméables, fait de tissages fort complexes, qui servaient à la fois pour se protéger du soleil mais aussi de la pluie et des insectes dans la forêt, les matériaux choisis étant résistants, imputrescibles, parfumés pour les humains mais repoussants pour les insectes. Dans l'Ouest du Canada, l'écorce intérieure du cèdre (jaune ou rouge) était récoltée par les femmes deux fois par an, au printemps et à l'automne, en détachant de l'arbre de longues bandes d'écorce découpées au couteau. Bien que le cèdre rouge soit plus répandu, le cèdre jaune, plus rare, était plus recherché, en raison de son écorce de meilleure qualité, permettant de réaliser des ouvrages plus fins. Dans l'Est du Canada, où l'on utilisait avant tout les racines d'épinette, faute de grands cèdres, le travail était beaucoup plus long et difficile, les racines devant être déterrées, puis grillées sur un feu pour en détacher l'écorce, puis une fois dénudées, fendues en deux dans le sens de la longueur. Ainsi fendues une première fois, elles peuvent ensuite être fendues à nouveau en lamelles de plus en plus fines, jusqu'à la taille désirée, puis mises à sécher et finalement entreposées. Ce n'est que quand il est temps de confectionner un objet qu'on en poursuit la transformation : les racines sont alors trempées pour être assouplies. Puis prêtes à être tressées selon la forme choisie, le plus souvent selon la technique des brins cordés : deux à trois brins s'enroulent autour de la trame, pour former peu à peu des motifs géométriques. Des brins teints à l'aide de teintures naturelles peuvent enfin être incorporées au tressage : ils dessinent alors des motifs spécifiques, propres à chaque nation autochtone.
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