COMMUNIQUÉ POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

08 juin 2008: WAMPUM 400

NDLR: Kuei ! Bonjour à tous, aujourd'hui est inaugurée l'oeuvre "Wampum 400" réalisée par Domingo Cisneros et Sonia Robertson pour les jardins éphémères de l'Espace 400ème à Québec. Une oeuvre politique, et aussi la plus grande oeuvre d'art contemporain réalisée par des artistes autochtones au Canada. Comme les organisateurs n'ont pas invité le public au vernissage des jardins, même si ceux-ci seront ouverts à compter de demain, et comme plusieurs d'entre vous ne pourront sans doute pas se déplacer à Québec cet été, nous souhaitons partager avec vous le texte (déclaration d'artiste) qui accompagne l'oeuvre "Wampum 400", dont une version raccourcie a été affichée à l'entrée du jardin. Le voici dans sa version intégrale. Merci de le faire circuler.

Antoinette de Robien

DÉCLARATION

Contexte

Le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, placé sous le thème de la « Rencontre » entre les peuples dits « fondateurs », éveille en nous, artistes des Premières Nations, le paradoxe des alliances rompues, le souvenir de la colonisation et de l’appropriation puis de l’exploitation de notre territoire, encore aujourd’hui vécus. Le concept de « jardin » - dont l’étymologie signifie « espace clôturé » historiquement contradictoire pour les peuples nomades que nous sommes - renvoie au thème de notre sédentarisation forcée, à notre domestication par la société dominante, voire à notre extinction comme nations. Ici, le jardin devient donc le symbole des réserves où nous avons été exilés, le lieu de notre étouffement à la fois comme « espèces » anéanties, et comme « mauvaises herbes » irréductibles et renaissantes.

Concept

Par cette œuvre, nous souhaitons créer un espace qui fasse ressentir la domination imposée par les nouveaux arrivants, non seulement sur la nature mais aussi sur nous, peuples des Premières Nations. Le grand grillage qui entourera le périmètre de notre intervention, évoque la mise en réserve des autochtones, la séparation, les tentatives d’assimilation et de domestication. À l’intérieur de cet enclos, les dix troncs d’arbres couchés au sol et alignés de façon régulière comme des gisants, symbolisent la chute et la quasi-destruction des dix Nations autochtones du Québec. Le paillis répandu par terre, évoque la déforestation, la volonté d’étouffer et encore de contrôler la vie, par son utilisation typique dans les jardins utilitaires ou d’agrément. Au centre, flamboie un massif de plantes indigènes résistantes, qui certifie de notre force d’existence et ouvre un espace de recueillement. Puissants et vivants, tout comme les plantes grimpantes qui transcenderont de chaque côté la clôture, nous évoquerons la persistance et la renaissance des peuples autochtones. En fond, sur cette clôture, nous tresserons une ceinture géante de végétaux entrelacés : chaîne d’alliance entre nos peuples, Wampum géant qui témoigne de notre vision de la « rencontre » et de toute notre force créatrice."

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Source : Antoinette de Robien

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